Les motorisations puissantes des bateaux à moteur

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Issus de la production automobile américaine, les plus puissants de ces moteurs développent des puissances comparables à celles des moteurs diesel inboard. Quels sont les avantages et inconvénients des uns et des autres ?

Les motorisations hors-bord puissantes

Voici la combinaison de l’Hydrasport 6500 Estrella (5 x 627 HP)
Les moteurs hors-bord essence, à deux ou quatre temps, couvrent une gamme de 2 HP à 627 HP (Seven Marine 627 HP).
Pour atteindre ces puissances élevées, Mercury utilise un bloc V8 4,6 L compressé de 450 HP tandis que Seven Marine marinise un moteur de corvette de 6,2 L compressé de 627 HP…
En dehors des effets d’annonce, ces big blocs trouvent leur place sur un marché dominé à 90% par les moteurs HB.
En effet, le couplage des moteurs HB par deux, trois ou quatre permet d’atteindre des puissances folles de plus de 3135 HP pour l’exemple américain le plus extrême.
Ils sont par ailleurs facilement couplables par 2, 3, 4, et même 5 exemplaires pour des performances de très haut niveau. Si les ensembles ainsi constitués permettent de cumuler les performances des moteurs HB, qu’en est-il par rapport à un diesel ?
Prenons un exemple avec Le Midnight Express 3 X Mercury Verado 300 R. Le prix de la motorisation 75.000 € environ.

Quels sont les avantages de ces motorisations HB multi moteurs?

– Le poids, à 272 Kg pièce, une motorisation de 900 HP 3 x Mercury Verado 300 HP dépassera à peine les 800 kg soit moins d’1 Kg/HP.
– L’encombrement, le montage arrière des moteurs dégage du stockage sous le pont.
– La sécurité, avec deux ou trois moteurs, si une panne (autre qu’une relevant de l’alimentation en carburant, commune) survient, on peut rentrer sur un ou deux moteurs.
– La possibilité d’installation sur des coques larges.
– La maniabilité.
– La simplicité et le faible coût d’entretien (⅓ du coût d’un diesel et de son arbre ou embase).
Un bruit “plaisant”.

Quels sont les inconvénients ?

– Peu de couple à bas et mi- régime.
– Une consommation importante en vitesse maxi de l’ordre de 300 L / H pour notre 3 x 300 HP (et 1000 L/H pour l’Estrella 6500…).
– Un centre de gravité élevé et situé très en arrière, défavorable par mauvais temps.
– Adaptés aux carènes planantes uniquement.
– Pas de production d’eau chaude sanitaire.

Les moteurs diesel inboard

Une solution alternative consiste à installer un ou plusieurs moteurs diesel.
Qu’ils soient montés avec des transmissions à arbre ou embase, les moteurs diesel marins les plus puissants installés sur des bateaux de plaisance proviennent en général d’adaptation de moteurs de poids lourd. Ils sont plus lourds de 50% à quoi il faut ajouter le poids de la transmission.
Le moteur diesel, compte tenu de son cycle de combustion, conserve son rendement en utilisation à charge partielle alors que le rendement du moteur à essence chute dès qu’on réduit les gaz. Le diesel délivre ainsi son couple dès les plus bas régimes.
Pour atteindre la puissance de 900 HP de notre exemple précédent avec un diesel, on peut choisir un moteur comme le NANNI 13.930 CR3 (la présence de deux moteurs porterait le poids de la motorisation et des transmissions à plus de 2.000 Kg).
Voici le NANNI 13.930 CR3, un moteur diesel.
Base Scania 6 cylindres 12,7 L turbocompressé, à injection à très haute pression HPI 925 HP pour 1285 Kg soit 1,38 Kg par HP, hors transmission.
Prix environ 100.000 € TTC.

Quels sont les avantages d’un tel moteur diesel Inboard :

– Un couple disponible sur toute la plage de régimes.
– Une consommation plus faible de près de 40% que sur un HB soit 160 L/H pour notre NANNI 13.930 CR3 à la vitesse maximale.
– La possibilité d’utiliser une dérivation sur le circuit de refroidissement pour produire de l’eau chaude sanitaire à bord.
– Installé en fonds de cale, son centre de gravité plus bas génère moins de tangage et davantage de maniabilité.
– Un autonomie plus importante.
– La capacité de fonctionner à des régimes élevés sur de longues périodes (moteurs “heavy duty”).
– Une durée de vie supérieure (des moteurs diesel marins bien entretenus atteignent fréquemment les 12 à 15.000 heures.
– Installation possible dans des carènes plus profondes permettant de tenir la mer dans des conditions plus dures que les carènes recevant les HB.

Les inconvénients :

Nettement plus lourd, près de 1500 Kg avec la transmission.
Encombrement important (L 1180 mm x H 1115 x 1073 mm).
Entretien plus contraignant du moteur et de la transmission.
Prix élevé.
Puissance nominale calculée au vilebrequin et non pas à l’arbre d’hélice.
Un bruit plus important et moins plaisant.
En conclusion, les motorisations diesel inbord et essence hors-bord s’adressent en réalité à des utilisations et des bateaux aux profils différents.
Les moteurs essence HB trouvent davantage leur place sur des bateaux sportifs, utilisés un peu d’heures dans l’année et auxquels ils procurent des niveaux de performance tout à fait exceptionnels en échanges de consommations gargantuesques dues à leurs régimes de fonctionnement élevés.
Les moteurs diesel, quant à eux, peuvent fonctionner longtemps, à des régimes peu élevés autorisant de longs rayon d’action à des vitesses élevées tout en consommant beaucoup moins de carburant en dépit de leur poids important.
Ces différences importantes entre ces deux types de motorisations les rendent en réalité difficiles à comparer, chacune disposant de ses propres avantages indéniables.
C’est ce qu’ont compris certains motoristes en développant désormais une gamme de moteurs diesel hors-bord puissants dont certains atteignent déjà les 300 HP…

Serait-ce la solution idéale ?
L’article est rédigé par François MEYER

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