Manœuvres : Beacher proprement un bateau à moteur

 

Article publié sur Actunautique le 6/10/2020

Manœuvres : Beacher proprement un bateau à moteur

La plage parfaite vous tend les bras avec sa paillote accueillante, mais pas de ponton à l’horizon, comment manœuvrer pour immobiliser le bateau au plus près de la côte et permettre aux passagers de descendre quasiment au sec ?

Manœuvres : Beacher proprement un bateau à moteur

To beach or not to beach ?

Clairement, la réponse est “not to beach” !
Les œuvres vives des bateaux à moteur sont recouvertes de gel coat et les plus importantes unités, qui passent l’année à l’eau, reçoivent en plus un antifouling. Quoi qu’il en soit, quand on carène pour refaire l’antifouling ou que l’on doit refaire un gel coat osmosé, on sable les coques… Le sable est un abrasif puissant, tout particulièrement lorsqu’il est mouillé, alors pas question de planter la coque sur la plage, avec de l’élan, moteur relevé.
Lors du départ, on aura le moteur ou l’embase immergés dans très peu d’eau, ce qui augure des dangers et des problèmes.
Non, on ne beache pas.

Mouiller au plus près de la plage

Plutôt que de beacher, on peut mouiller au plus près des plages, à une distance permettant de se mettre à l’eau, chaussures à la main.
Ce type de mouillage permet d’éviter le contact entre la coque ou le moteur et le fond.
Pour un mouillage de jour au plus près de la côte, on va mouiller par l’avant puis l’arrière, au plus près de la côte sans toutefois y poser le bateau.

Les obstacles

La bande côtière recèle de nombreux obstacles qu’il faudra parvenir à éviter.
Pour éviter de taper à l'approche finale, on peut s’organiser pour stopper le bateau dans une hauteur d’eau compatible avec son tirant d’eau.
Le tout est de ne pas vouloir s'approcher trop près.

La question de la marée

La bonne distance par rapport à la plage est importante compte tenu de la marée, si elle descend fortement, il sera très difficile de remettre à l’eau, compte tenu de son poids, un bateau d’une taille supérieure à celle d’un dinghy.
Dans le cas inverse et en l’absence d’un amarrage solide, le bateau peut partir seul avec la marée.
Quoi qu’il en soit, dans les zones soumises au marnage, une surveillance constante est de rigueur.

La manœuvre

Cette manœuvre consiste à s’approcher, mouiller une ancre à l’avant, mouiller une ancre à l’arrière, décharger puis régler les mouillages de telle sorte que le bateau soit stable et reste mouillé dans assez d’eau pour ne rien abîmer en repartant.

● Repérer sur une carte ou sur un logiciel de navigation la configuration de la zone et des fonds avant de s’engager.

● Avant de s’engager, prévoir un itinéraire de repli si la manœuvre se passe mal.

● Informer les équipiers du déroulement de la manœuvre.

● Préparer le mouillage avant et l’apporter à l’arrière en faisant passer son bout ou sa chaîne à l’extérieur des balcons. Frapper le bout terminal du mouillage sur le taquet avant !

● Marche avant lente engagée, jeter l’ancre à l’arrière et laissez filer jusqu’à atteindre, nez vers la plage, les eaux très peu profondes. Éviter les zigzags, le bout de l’ancre n’est pas loin de l’hélice.

● Moteur coupé et au tilt, poser un instant le nez sur le sable puis faire descendre un équipier par l’avant avec le second mouillage en main, préalablement frappé sur un taquet à l’arrière. Cette ligne de mouillage doit évidemment passer sous les chandeliers et autres obstacles.

● Déchargez équipage et matériel.

● Demander à l’équipier à terre d’enfouir l’ancre ou le grappin dans le sable pour s’assurer de sa tenue.


● Hâler le bout du mouillage avant à la main. Ceci aura pour effet de faire pivoter le bateau nez au large. Éloigner le bateau, moteur éteint en se hâlant.


● Régler la longueur des mouillages pour maintenir le bateau en eaux sûres (hauteur du ventre ou en fonction du tirant d’eau).


● Descendre l’échelle et rejoindre la plage.

L’immense avantage de cette méthode se trouve dans la profondeur acceptable dans laquelle on immobilise le bateau dont la coque ne frotte pas sur le sable, gage de sécurité pour repartir.


Pour repartir

On va s’aider de l’amarre arrière pour se hâler vers la plage, puis de celle d’avant pour s’en éloigner avant de mettre le moteur en route.
Pour ce faire, rejoindre le bord et donner du mou à l’amarre avant, puis hâler le bateau en s’aidant de l’amarre arrière.
Une fois proche de la plage, moteur éteint et au tilt, embarquer les passagers et le matériel puis, en dernier, le mouillage arrière en prenant garde à rentrer tout son bout.
Puis, moteur toujours éteint, hâler sur le mouillage avant pour rejoindre les eaux sûres.

On peut alors rentrer le mouillage, démarrer, et rentrer chez soi !

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