Sir Ernest "The Boss" Shackleton 2/3 et l'odyssée de l'Endurance


Auteur : François MEYER


Sir Ernest Shackleton et l'odyssée de l'Endurance



1914-1917







Suite à son expédition sur le Nimrod, Sir Ernest, frustré de ne pas avoir atteint le Pôle Sud, a conçu, dès 1912, un nouveau projet d’exploration trans-antarctique à deux navires, placés au nord et au sud du continent afin de préparer des bases de vivres à l’équipe débarquée…

Aidé par sa forte et nouvelle notoriété, il réunit une somme considérable pour l’époque, lui permettant d’armer deux navires, l’Endurance et l’Aurora.


Un recrutement hétéroclite
L’annonce publiée stipulait « Recherche hommes pour voyage périlleux. Bas salaire. Froid glacial. Longs mois de totale obscurité. Danger permanent. Retour non garanti. Honneur et reconnaissance en cas de succès. »

5000 volontaires se sont présentés aux entretiens publics au cours desquels Sir Ernest s’intéressait bien plus aux caractères ou aux qualités humaines (les soft skills d’aujourd’hui…) qu’aux compétences techniques. L’expédition comptait ainsi plusieurs bons chanteurs, musiciens, cuisiniers, dont la présence visait à limiter les effets sur le moral du long hiver austral…





Un départ sur le fil du rasoir

L’appareillage prévu pour le début du mois d'Août 1914 quand éclate la guerre!
Le Boss télégraphie alors à l’amirauté, pour offrir le bateau, les vivres et l’équipage à l’Etat major de l’amirauté, commandée par Winston Churchill.

Sir Winston ne répondit qu’un mot “Proceed.”

C’est ainsi que Sir Ernest et ses 56 hommes s’éloignèrent de l’Europe bientôt à feu et à sang pour se jeter droit sur un tout autre danger, les glaces polaires…


Prisonniers des glaces!
Le 10 décembre 1914, l’Endurance arrive au contact des falaises de glace de la Terre de Coats, dans la mer de Wedell. L’hiver est très froid et le 19 janvier 1915 l’Endurance est bloqué par les glaces.



De semaines en semaines, l’Endurance et son équipage dérivent avec la banquise, s’éloignant du continent…

Durant l’été 1915, après 281 jours dans les glaces, le bateau est brisé par la banquise et l’équipage finit par l’abandonner en octobre avec les chiens et 3 chaloupes. Il fait déjà -25 degrés.




La banquise se disloque!

L’équipage de l’Endurance commence un long périple à pied, sur la banquise, en direction de la terre ferme, mais la tâche est titanesque et Sir Ernest décide d’attendre la débâcle pour mettre les chaloupes à l’eau.





Début avril 1916, le redoux arrive, disloquant la glace sous leurs pieds sans toutefois laisser suffisamment de passage libre pour les chaloupes. Le 9 avril 1916, l'îlot sur lequel il ont campé tant de mois se disloque:

« A 11 h du matin, une fente soudaine parcourut notre plaque. D'un côté du chenal qui s'ouvrait, je voyais la place où pendant tant de mois ma tête et mes épaules avaient reposé, et de l'autre côté (celui où nous étions), la dépression formée par mes jambes […]. Combien fragile et précaire avait été notre lieu de repos ! »


Trois chaloupes sur l’océan Austral


Ce même jour, les trois chaloupes, non pontées, d’une longueur de 7m chacune, prennent la mer en convoi.

La température extérieure ne dépasse jamais les -20 degrés au plus chaud, les hommes naviguent sans manger avec peu d’eau, au milieu des orques.

« Notre soif devenait terrible. Nous trouvâmes un soulagement momentané à mâcher de petits morceaux de phoque dont nous avalions le sang ; mais notre soif redoubla ensuite sous l'effet de la salaison ».

Les conditions de navigations sont dantesques, d’autant que les vêtements, en laine et coton, retiennent l’humidité…


L’île de l’éléphant, un abri et un cimetière.



Après 4 jours de navigation, ils débarquent épuisés sur l'Île de l'Éléphant, à l’extrême nord de la péninsule Antarctique. Ils sont désormais à l’abri de la dérive glaciaire mais très loin des routes maritimes, rendant infime tout espoir de secours.

Très vite Sir Ernest réalise qu’il lui faudra aller chercher les secours en Géorgie du Sud, à près de 800 NM de là. Il conçoit une expédition légère, sur une chaloupe légèrement modifiée par le charpentier avec l’ajout d’un pont et d’un gréement de fortune, la réhausse des bordés, l’ajout d’une tonne de lest en graviers et la reprise du calfatage au sang de phoque (!).


Il s’agit du début de l’une des plus incroyables traversées de l’histoire de la navigation.





A suivre "Ernest "The Boss" Shackleton et l'incroyable traversée du James Caird"

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Essai bateau à moteur : Bénéteau Flyer 7 Sundeck

Essai Voilier : Archambault Surprise

Bilan électrique sur un bateau : comment le calculer et à quoi ca sert ?