Essai du Jeanneau Sun Odyssey 410 2019

Essai du Jeanneau Sun Odyssey 410 2019



Auteur : François MEYER




Condition de l’essai
Petit clapot
Température extérieure 15°
Vent 10 noeuds SO instable
Plein de carburant (200 L)
Plein d’eau (530L)
Déplacement pour l’essai 8800 kg
7 passagers
Prix de la version essayée : 247.836 € TTC
Motorisation
Moteur Yanmar 4 cylindre 2,2 L diesel atmosphérique 4JH45CR à ligne d’arbre 45 CV.
Version essayée
Sun Odyssey 410 2019 GTE (grand tirant d’eau - 2,14m-)
Finition Première 2019
Pack Electronique Cruising 2019
Pack entertainment audio
Propulseur d’étrave électrique rétractable
Porte verticale glacière en inox
Table carré repliable luxe
Fond de cockpit latté en teck

Après les modèles 440 et 490, le 410, petit dernier de la nouvelle gamme des Sun Odyssey de Jeanneau mélange avec succès une carène puissante, un concept d’aménagement inédit et une ergonomie soignée.

La nouvelle version du Sun Odyssey 410 représente une avancée importante en comparaison de son prédécesseur, le 409. Essai exclusif en mer.


Un plan de pont sécurisant
Avec son petit air de Class 40, son tableau arrière immense, sa coque à bouchains, son étrave inversée et son brion émergé, le Sun Odyssey 410 , dessiné par Marc Lombard, impressionne.
Quand le bateau est amarré par l’arrière, l’immense plateforme arrière permet un accès facile pour tout le monde, enfants et belle maman compris. Une fois à bord, et ayant bien connu le Sun Odyssey 409 pour l’avoir utilisé et maintenu quelques mois aux Antilles, j’ai l’impression que le 410 est nettement plus grand que son prédécesseur.
J’en profite pour faire le tour du bateau en empruntant les passavants, bien larges et protégés par des hiloires (filants et s’amincissant de l’avant vers l’arrière), et je m’imagine avec les enfants à bord.
Une belle delphinière m’attend à l’avant, elle reçoit le point d’amure du génois à l’avant et également, si on le souhaite, celui d’une seconde voile d’avant montée sur enrouleur. La baille à mouillage est généreuse et pourrait accueillir sans problème un second mouillage. 



Le retour au cockpit s’effectue en un tournemain et quelques secondes sans rencontrer d’obstacle ni enjamber quoi que ce soit. C’est très bien vu pour une utilisation familiale ou la navigation ressemble le plus souvent à une navigation en solitaire -avec des passagers- ou le skipper bondit de l’avant à l’arrière plusieurs fois par jour!
Je constate aussi que la table de cockpit ainsi que le panneau de descente sont légèrement décalés sur tribord, autorisant un passage plus facile sur bâbord, c’est malin, et limite les heurts douloureux dans la table lors des déplacements.



Lumière sur l’intérieur
Une fois devant ce panneau descente, je ne résiste pas à l’envie de visiter l’intérieur de ce voilier.
Qu’elle est loin l’époque ou l'on “descendait à la cave” lorsqu’on partait s’installer dans les carrés aux boiseries sombres et vernissées!
Ici on est en pleine lumière mais, cerné de hublots fixes sur les bouchains verticaux. Mais, ou sont les équipets? On ranger nos p’tites affaires? Et bien partout, la cuisine (en U, maline) regorge de rangements tout comme les dessous de banquettes ou le dessous de la méridienne.



Un méridienne à bord, et oui, le confort est là, c’est cosy! Je pousse encore pour trouver la cabine avant mais c’est une “suite propriétaire” que je visite avec un vrai lit de 145x200cm que l’on peut contourner de chaque côté! Le grand luxe!
De retour vers la descente, la table à carte, dans le sens de la marche, est devenue un bureau, on n’y stockera pas les 20 cartes marines d’antan mais tablette, téléphone, ordinateur et leurs chargeurs respectifs s’y sentiront à l’aise. Le tableau électrique est clair et simple et bénéficie d’un moniteur de batteries et de jauges électroniques.
Enfin, à la recherche des subtilités de l’installation électrique, je découvre au fond de la cabine arrière bâbord, l'électronique du pilote et deux beaux tableaux 220V, parfaitement réalisés. Le bateau est équipé de 3 packs de batteries AGM Excide Dual, une pour le moteur, une pour le propulseur et deux pour les servitudes (2x125 Ah, un peu court pour la croisière à mon goût, mais des options lithium -qui permet de doubler la capacité dans le même encombrement et autorise un rechargement très rapide- ou générateur existent au catalogue), le tout couplé à un régulateur électronique (permettant de délivrer 100% de la tension issue du gros alternateur 125 A).

Larguez les amarres!
De retour à l’air libre, c’est le moment de larguer les amarres et de mettre en route le moteur et son hélice tripale fixe.
On largue la pendille, un filet de gaz, puis on largue les amarres et on part sans recours au propulseur. On hisse toute la grande voile semi-lattée et on sort le génois pour profiter du petit 8-10 noeuds de vent. J’apprécie la position relativement basse de la bôme permettant un accès facile à la grand voile.
Dans ce temps de demoiselle, je place facilement le bateau au près, la barre est très douce et légère pour un bateau de ce poids (il doit approcher les 9 tonnes ce matin), merci au système de paliers auto alignants Jefa. Ces paliers annulent l’effet de déformation de la mèche des safrans sous charge (le safran travaille beaucoup en fonction des allures) qui durcit considérablement les systèmes de gouverne.
Bien que très large -4m au maître bau- le bateau répond à chaque sollicitation grâce à ses deux safrans.
Hélas, 1000 fois hélas, le vent tombe ce matin dans la baie de Cannes et c’est le moment de compter sur notre risée diesel Yanmar qui réponds au quart de tour.
Ce moteur parvient à propulser ce bateau puissant à 8 noeuds dans les vagues et je regrette amèrement l’absence du vent en le faisant gentiment surfer les vagues nous venant par l’arrière…

Conclusion

Les voiliers de 12 m sont majoritairement conçus pour des programmes de croisière côtière tranquille, en famille. Ce Sun Odyssey 410 remplit parfaitement sa mission. Il se distingue toutefois de la concurrence par son niveau de protection sur le pont, la facilité qu’il offre à être mené en équipage réduit et son intérieur agréable à vivre. Une vraie réussite! Et si je ne le rendais pas et récupérais ma femme et nos deux mousses nous pourrions être à Ajaccio demain matin !

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