MOB, tomber à la mer 1/5

Homme à la mer MOB (1/5) - Tomber à la mer en navigation

Homme à la mer MOB (1/5) - Tomber à la mer en navigation

Imaginer un équipier chuter à la mer dans une situation défavorable fait naître un frisson désagréable sur l’échine de tout chef de bord. Le sinistre et ancien adage maritime “Un marin à la mer est un homme mort” demeure toujours d’actualité.

Homme à la mer MOB (1/5) - Tomber à la mer en navigation
Les statistiques concernant cet événement souvent tragique sont difficiles à prendre en compte, tant les situations diffèrent, du plaisancier au professionnel, de quart de veille, sur un cargo ou au passager d’un navire de croisière.
Les circonstances sont évidemment différentes entre une chute à la mer de nuit en équipage réduit et une autre depuis un bateau à moteur par temps calme.
Malgré cela, selon la SNSM, en 2016, sur 54 décès enregistrés, 22 concernaient des chutes à la mer, et sur 29 disparus, 13 chutes à la mer...
De manière générale, l’opportunité de récupérer vivant un équipier tombé à la mer, dans les cas des situations déclarées ou ayant nécessité l’intervention des services de secours, s’élève à moins de 20 % selon les Gardes Côtes US (USCG)...

Comment et quand tombe-t-on à la mer ?

  • Les causes dues à l’état de la mer
Homme à la mer MOB (1/5) - Tomber à la mer en navigation
Une vague plus haute que les autres, le changement d’état de la mer suite à une renverse de marée, un courant impossible à étaler, un bateau qui enfourne propulsé par une vague plus puissante, l’état de la mer change en permanence et une vigilance de chaque instant s’impose.
Le maître-mot : Veille.
  • Les causes dues à la conduite du bateau
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Un virage trop serré, un ralentissement violent, un talonnage, une collision, une bôme qui balaye le pont lors d’un empannage, dès que le temps forcit, les forces en jeu augmentent avec les risques.
Le maître-mot : Expérience.
  • Les causes dues à l’imprudence ou la négligence
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Se pencher pour récupérer un bout coincé sous le bateau, uriner depuis le balcon arrière, en solitaire ou, seul ou en quart de nuit (Florence Arthaud a dû son salut à son GSM étanche, lors de sa chute à la mer, depuis son voilier au large du cap Corse), une voile d’avant à endrailler sans se tenir, un ris à prendre au pied du mât sans s’attacher, ces gestes banaux peuvent entraîner des conséquences dramatiques.
Les maîtres mots : Formation et conscience du danger.

Quelles sont les causes de ce taux de survie si faible ?

  • Le moral
La première est d’ordre psychologique. Une fois tombé, et si les opérations de sauvetage sont longues ou inexistantes, le naufragé est exposé à une angoisse énorme. Certains individus sont capables d’y faire face, d’autres ne le sont pas.
Alain Bombard, le naufragé volontaire controversé, décrit, dans “naufragé volontaire” le naufrage d’un chalutier non loin des côtes de Boulogne qui vit la découverte de l’équipage, noyé et plus ou moins groupé, non loin du lieu du naufrage… Marins pêcheurs, dans la force de l’âge, sachant nager, il semblaient s’être laissés noyer…
Alain Bombard
Alain Bombard
  • L’hypothermie
Une fois à l’eau, l’hypothermie guette. L’eau est un excellent fluide caloporteur (nous refroidissons nos moteurs avec ce fluide pour cette raison) qui va très rapidement, compte tenu de sa masse thermique, dissiper le peu de chaleur corporelle que nous produisons.
Espérance de vie à la mer par hypothermie :
Température de l'eauEn maillot      Avec Vêtements
30°CQuasi illimitéeQuasi illimitée
25°C 10 heures et plus20 heures et plus
20°C2 heures 8 heures
15°C1 heure4 heures
10°C-1,5 heure
5°C-1 heure
0°C-20 minutes
Pour limiter les effets de l’hypothermie, il faudrait éviter les mouvements et se positionner en chien de fusil si l’on est seul, ou, si l’on était groupé, se serrer en grappe.
Pour apporter un peu d’espoir à ceux naviguant en eaux froides, en 1984, le pêcheur islandais, Guðlaugur Friðþórsson, âgé de 24 ans, nagea 6 heures, de nuit, en jean et pull-over dans une eau à 5° puis regagna la terre, par ses propres moyens, pour traverser une zone montagneuse de l’islande hivernale, pieds nus avant de trouver des secours.
Il venait de vivre le naufrage du chalutier sur lequel il s’était embarqué et à la noyade de ses collègues. L’ahurissant film “Survivre” (2012) relate son extraordinaire aventure.
Guðlaugur Friðþórsson
Guðlaugur Friðþórsson
  • L’incapacité de nager et le non-port d’élément de flottabilité
D’après les Coast Guards Américains, 63 % des noyés tombés à l’eau ne savaient tout simplement pas nager.
Rappelons que la pratique des activités nautiques devrait impliquer de pouvoir nager une distance relativement importante.
Toujours d’après l’UCSG, seuls 8 % des victimes non-nageuses portaient un gilet de sauvetage.
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  • Les blessures infligées lors de l’accident
Un choc à la tête peut plonger la victime dans l’inconscience à moins qu’au cours de la chute, elle ne se fracture un membre ou la crâne. Dans ces cas extrêmes, il devient impossible de nager.
Equipé d’un gilet, seuls certains de ces dispositifs maintiendrons hors de l’eau la tête d’un naufragé inconscient.

Le nautisme figure parmi les activités de loisir, qui existent pour nous apporter détente et plaisir. Pour que ce plaisir demeure, des précaution et des bonnes habitudes sont indispensables afin d’éviter les accidents.

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