Comment ça marche : L'AIS

 

Comment ça marche : L'AIS

Nous avons tous eu l’occasion d’observer le déplacement et la position de certains navires commerciaux ou de plaisance, via des applications spécifiques utilisant l’AIS.
Mais qu’est-ce au juste que l’AIS ?

Comment ça marche : L'AIS

Un protocole issu… du naufrage du Titanic !

A la suite d’innombrables naufrages et autres collisions accidentelles survenues en mer et ayant entraîné d’importantes pertes tant humaines que matérielles, le naufrage du Titanic en constituant l'élément déclencheur, les conventions (au sens “congrès”) SOLAS (Safety Of Life At Sea) ont vu le jour en 1912.
De fil en aiguille, de treize pays participant en 1912, ces conventions, désormais passées sous la responsabilité des Nations Unies via l’IMO (International Maritime Organisation), régissent les règles internationales touchant à la sécurité en mer.
Ses différentes itérations font naître en 2004 l’obligation, pour les navires jaugeant plus de 300 tonneaux de disposer à bord, à partir de 2007, d’un système d’identification automatique ainsi que d’une “boîte noire”.
300 tonneaux représente la taille d’un remorqueur portuaire.

Un protocole de transmission de position automatisé

L’AIS (Automatic Identification System) peut se définir comme la fusion entre un outil de positionnement et un autre de communication. Des informations, parmi lesquelles la position du navire sont transmises automatiquement en utilisant la VHF (portée 30 à 50 NM) ou des signaux satellitaires (portée illimitée) renseignant ainsi les navires voisins. Les navires obligés doivent activer leur transpondeur en permanence et la désactivation volontaire constitue une faute grave parfois risquée par certains pêcheurs souhaitant conserver le plus de discrétion possible…

A quoi ressemblent les informations AIS ?

Ces informations s’affichent sous forme alphanumérique ou sous celle d’un vecteur.
Dans le cas du vecteur, un cartouche apparaît permettant d’afficher les informations.
● Forme vectorielle

● Forme alphanumérique


Récepteur VS Transpondeur

Pour transmettre ces informations, l’acquisition d’un transpondeur AIS est indispensable.
Ces transpondeurs appartiennent à deux types, A et B, selon leur portée. Les types A étant réservés à la marine marchande.
On peut aussi choisir de ne pas transmettre ses propres informations en s'équipant d’un récepteur qui, comme son nom l'indique, ne fera que recevoir les informations des tiers.

● Les transpondeurs existent sous la forme d'appareils dédiés, standalone comme le ICOM MA 500 TR proposé à 799 € chez Acastillage Diffusion.


● Ils peuvent aussi être intégrés à une VHF qui affichera les informations AIS sur son écran comme le B&G V60, à partir de 1160 € chez Uship .


● Pour finir avec les émetteurs, ils peuvent aussi transmettre leurs informations à un écran multifonctions, comme le transpondeur Raymarine AIS 700 vendu environ 900 € hors frais d’installation et d’interfacage.


Les récepteurs ne font que capter les données des tiers comme le Mc Murdo Smartfind en vente chez Uship, à partir de 289 €.


Pour ces appareils VHF, bien que l'utilisation de l’antenne VHF soit possible, une antenne dédiée permet d’augmenter considérablement la distance de captage des signaux des tiers.

Les applications installables sur les smartphones et autres tablettes, quant à elles, comme Marine Traffic , offrent les mêmes fonctions que les récepteurs mais ne fonctionnent que dans les périmètres de couverture GSM. Elles sont donc loin d’être recommandées en navigation !

Les informations transmises par l’AIS

Les transpondeurs de type A transmettent à intervalles de deux minutes :
● Numéro MMSI : identifiant unique du navire
● Statuts de navigation
● Route fond
● Vitesse fond
● Vitesse de changement de giration
● Position : latitude et longitude
● Cap vrai (information produite par un compas)
● Heure UTC

Puis, à intervalles de six minutes :
● Numéro d'appel sélectif
● Nom du navire
● Type de bâtiment ou de cargaison
● Dimensions
● Position de l'antenne AIS sur le bateau
● Type d'instrument de positionnement satellitaire : GPS ou DGPS
● Tirant d'eau
● Destination
● ETA : heure d'arrivée à destination
● Effectif à bord

Les transpondeurs de type B transmettent moins d'informations, à des fréquences légèrement moins élevées.

L’AIS et la fin de la veille à vue ?

Connaître et visualiser, via un récepteur AIS, direction, vitesse, nature et position des navires environnants offre d’indéniables garanties de sécurité.
Mais attention, l’AIS n’est pas un radar, loin s’en faut !
Tous les bateaux, les pêcheurs côtiers, par exemple, ne sont pas équipés d’émetteurs AIS et demeureront invisibles sur les écrans VHF ou multifonctions !

De même, certaines informations transmises via AIS doivent être saisies par le chef de quart responsable. Ainsi, il n’est pas rare de croiser des cargos statut AIS “au mouillage”, se déplaçant rapidement en mer...Il en va de même pour l’ETA, la destination ou l’effectif présent à bord.
Enfin, la précision de la position AIS d’un navire repéré peut souffrir d’erreur et doit être considérée avec attention.

Pour toutes ces raisons, la présence d’un transpondeur ou d’un récepteur AIS à bord n’affranchit en aucune manière l’équipage de la veille à vue, que ce soit lors de navigations côtières ou hauturières. L’AIS offre une sécurité de plus, mais en aucun cas la garantie de pouvoir dormir sur ses deux oreilles !

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Essai bateau à moteur : Bénéteau Flyer 7 Sundeck

Bilan électrique sur un bateau : comment le calculer et à quoi ca sert ?

Bouts, drisses et cordages (3/3) - Les fibres